Ludovic Hubler
Entrepreneur social, conférencier,
écrivain voyageur
Carnet de route
in f
Projet pédagogique de Ludovic Hubler avec les enfants du CHU Strasbourg-Hautepierre
TOUR DU MONDE EN STOP · PARTAGER L’AVENTURE

PROJET
PÉDAGOGIQUE.

Faire voyager ceux qui ne pouvaient pas partir.
Avant mon départ pour cinq années autour du monde, je m’étais engagé auprès du CHU Strasbourg-Hautepierre à partager mon aventure avec des enfants hospitalisés, notamment ceux atteints de cancers ou de leucémies.

Photos, récits, e-mails, webcam, exercices scolaires et échanges avec des enfants rencontrés à l’autre bout du monde : le voyage devint progressivement une fenêtre ouverte sur le monde depuis les chambres de l’hôpital.
5 ans D’échanges au fil du voyage
CHU Strasbourg-Hautepierre
Monde Un voyage devenu support pédagogique
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Avant même le premier kilomètre

Comment tout
a commencé

Mars 2002 · Strasbourg

L’idée du projet pédagogique est née près d’un an avant mon départ. Une nuit, alors que je réfléchissais à la manière dont je pourrais partager mon futur tour du monde, une image m’est venue : celle d’enfants malades, contraints de passer parfois plusieurs mois dans une chambre d’hôpital.

Dès le lendemain, sans rendez-vous, je me suis rendu au CHU Strasbourg-Hautepierre avec une idée encore très simple : permettre à ces enfants de voyager à mes côtés par procuration, de découvrir le monde à travers mes rencontres et, pendant quelques instants, d’ouvrir une fenêtre sur l’extérieur.

Je cherchais à rencontrer une institutrice travaillant auprès des enfants malades de cancer. Je fus rapidement mis en relation avec Chantal Jorand. Son enthousiasme fut immédiat.

Je suis plus que partante pour « faire du stop » maintenant. Nous serons le pouce tendu au bord de la route avec toi !
Chantal Jorand · CHU Strasbourg-Hautepierre

Le projet était lancé. Il allait progressivement prendre une ampleur que je n’imaginais pas encore, porté par l’inventivité et l’engagement des instituteurs et éducateurs de l’hôpital.

Je pris alors un engagement :
emmener symboliquement les enfants de l’hôpital dans mon sac à dos pendant les cinq années de voyage.

Michel, Chantal et Marie-Claire au CHU Strasbourg-Hautepierre
Michel, Chantal et Marie-Claire Une partie de l’équipe pédagogique qui fit vivre le projet auprès des enfants pendant le voyage.
2002 Naissance du projet, près d’un an avant le départ
02
Quand le voyage entre dans la classe

Le monde comme
salle de classe

Au fil des semaines, mon tour du monde est devenu bien plus qu’un récit à suivre : il a servi de support pédagogique dans de nombreuses matières, permettant aux enfants d’apprendre à partir d’un voyage réel, vivant et en mouvement.

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Géographie

Pays traversés, océans, latitudes, longitudes et grandes régions du monde devenaient des supports de cours concrets.

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Histoire

Les étapes du voyage permettaient d’aborder l’histoire des pays, des peuples et des territoires traversés.

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Mathématiques

Distances, durées, vitesses moyennes et calculs liés à l’itinéraire devenaient des exercices grandeur nature.

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Dessin

Voiliers lorsque j’étais sur les océans, manchots pendant mon passage en Antarctique : les enfants dessinaient au rythme du voyage.

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Français

Poèmes, dictées et exercices d’expression étaient parfois construits autour des récits et anecdotes envoyés depuis la route.

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Cuisine

Tapas, tajines ou empanadas : les pays traversés devenaient aussi l’occasion de découvrir de nouvelles saveurs.

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Langues étrangères

Certains messages m’étaient envoyés en anglais ou en espagnol, permettant aux enfants de pratiquer autrement.

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Jeux & créativité

Des jeux furent inventés autour du parcours, jusqu’à un jeu de l’oie dont les cases correspondaient à des événements du tour du monde.

Dessins réalisés par les enfants du CHU Strasbourg-Hautepierre pendant le tour du monde
Les enfants dessinent le voyage Des créations inspirées des étapes du tour du monde, notamment les océans et l’Antarctique.

Les enseignants et éducateurs ont fait preuve d’une grande créativité pour transformer chaque nouvelle étape du parcours en matière à apprendre, à imaginer et à raconter.

Le voyage prenait alors une dimension très concrète : un pays que je traversais le matin pouvait devenir, quelques heures plus tard, un thème de géographie, un exercice de mathématiques ou un dessin réalisé depuis une chambre d’hôpital à Strasbourg.

Cette interaction permanente donnait au projet une richesse que je n’avais pas imaginée au départ.

Apprendre en voyageant

Le tour du monde devenait un fil rouge capable de relier plusieurs matières et de donner aux apprentissages un contexte réel.

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À des milliers de kilomètres…

Garder le lien
malgré la distance

L’un des grands défis du projet consistait à faire vivre le voyage en temps réel, malgré les milliers de kilomètres qui me séparaient parfois de Strasbourg.

Tout au long du parcours, j’envoyais régulièrement des photos, anecdotes et messages aux enfants de l’hôpital. Les échanges se faisaient par e-mail, Messenger ou webcam, selon les connexions disponibles.

Ces moments permettaient de raconter le pays traversé, de répondre aux questions des enfants et de partager presque en direct certaines étapes de l’aventure.

Même lorsque j’étais très loin de l’Europe, le lien pouvait être maintenu. Depuis le milieu du Pacifique ou depuis l’Asie, Internet rendait possible cette relation avec les enfants restés à Strasbourg.

Une fenêtre ouverte sur le monde

Pour certains enfants confinés de longues semaines dans leur chambre, ces échanges représentaient quelques instants d’évasion et de découverte.

Ce lien régulier transforma progressivement le projet en véritable aventure commune : eux suivaient ma route, et je poursuivais mon voyage en sachant qu’ils étaient quelque part « dans mon sac à dos ».

E-mails Récits, anecdotes et nouvelles du parcours
Webcam Discussions en direct malgré la distance
Photos Le monde envoyé jusque dans les chambres
Yannick et Michel suivent l’itinéraire du tour du monde Yannick, avec l’aide de Michel, suit l’itinéraire à venir.
Discussion en webcam avec Yannick Discussion en webcam avec Yannick.
Échange en direct avec un enfant du CHU Strasbourg-Hautepierre Le voyage partagé presque en direct depuis l’autre bout du monde.
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Quand le voyage devient rencontre

Relier les enfants
à travers les continents

Le projet prit une dimension encore plus forte lorsque les enfants de Strasbourg purent échanger directement avec d’autres enfants rencontrés au cours du voyage.

À plusieurs reprises, lors de visites dans des hôpitaux en Asie, j’ai organisé des échanges en direct entre les enfants du CHU Strasbourg-Hautepierre et des enfants rencontrés sur place.

Grâce à une webcam, un micro et une connexion Internet, deux groupes d’enfants situés à plusieurs milliers de kilomètres pouvaient se voir, se parler et découvrir le quotidien de l’autre.

Ces moments donnaient une nouvelle dimension au projet : il ne s’agissait plus seulement de suivre mon voyage, mais de créer de véritables passerelles entre des enfants qui n’auraient probablement jamais eu l’occasion de se rencontrer.

D’un hôpital à l’autre

Depuis Strasbourg jusqu’à Lahore, Téhéran ou Ahmedabad, la technologie permettait de réduire les distances et de créer des moments simples de curiosité et de partage.

Échange entre enfants depuis Lahore au Pakistan
Pakistan

Lahore

Un échange en direct entre des enfants rencontrés au Pakistan et ceux du CHU Strasbourg-Hautepierre.

Échange entre enfants depuis Téhéran en Iran
Iran

Téhéran

La webcam devient un pont entre des enfants vivant dans des réalités très différentes.

Échange entre enfants depuis Ahmedabad en Inde
Inde

Ahmedabad

Quelques minutes de conversation suffisaient parfois pour rendre l’autre bout du monde beaucoup plus proche.

Ces échanges illustrent probablement le mieux ce que je souhaitais faire de ce projet : ne pas simplement raconter le monde, mais provoquer la rencontre.

Élodie remet le bracelet porte-bonheur à Ludovic Hubler avant son tour du monde
Avant le départ Élodie me remet le bracelet fabriqué par les enfants de l’hôpital.
Bracelet porte-bonheur fabriqué par les enfants du CHU Strasbourg-Hautepierre
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Un petit objet, un immense symbole

Le bracelet qui fit
le tour du monde

Avant mon départ, les enfants de l’hôpital s’étaient regroupés pour me fabriquer un bracelet porte-bonheur. Chaque enfant avait réalisé une maille.

Ce bracelet m’accompagna pendant une partie importante du voyage. Il prit l’eau lors de la traversée de l’Atlantique, connut le froid de l’Antarctique et devint rapidement bien plus qu’un simple souvenir.

Il représentait ce lien invisible entre les enfants de Strasbourg et la route que je parcourais à plusieurs milliers de kilomètres d’eux.

Puis, en Antarctique…

Le bracelet fut malheureusement perdu sur le continent blanc, quelque part au milieu des manchots.

Lorsque je racontai cette perte, la petite Priscilla eut une réponse d’une simplicité désarmante : « C’est que son destin devait être là-bas. »

Ce bracelet n’aura donc pas terminé le tour du monde avec moi. Mais son histoire résume peut-être mieux que tout autre souvenir l’esprit du projet : pendant cinq ans, je ne voyageais jamais tout à fait seul.

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Bien plus qu’un projet pédagogique

Une fenêtre
ouverte sur le monde

Un médicament contre la déprime
sans effet indésirable.
Michel · Éducateur au CHU Strasbourg-Hautepierre

Cette phrase de Michel résume sans doute mieux que de longs discours ce que ce projet est progressivement devenu.

Au départ, l’idée était simplement de permettre à des enfants hospitalisés de voyager un peu par procuration. Puis les enseignants, les éducateurs et surtout les enfants se sont approprié l’aventure.

Mon itinéraire est devenu matière à apprendre. Les photos ont donné naissance à des dessins. Les kilomètres parcourus se sont transformés en exercices. Les pays traversés ont suscité des questions. Et Internet a parfois permis à des enfants vivant à plusieurs milliers de kilomètres les uns des autres de se regarder et de se parler.

De mon côté, leurs messages, leurs dessins, leurs questions et leur enthousiasme m’accompagnaient sur la route. Ce projet fonctionnait donc dans les deux sens : je leur envoyais un peu du monde et ils m’envoyaient une formidable énergie pour continuer.

Découvrir Ouvrir une fenêtre sur le monde
Apprendre Transformer le voyage en support pédagogique
Relier Créer des rencontres malgré les distances

Cinq années plus tard, ce projet restera pour moi l’une des plus belles dimensions de ce tour du monde : la preuve qu’un voyage peut avoir du sens bien au-delà de celui qui le réalise.