Ludovic Hubler
Entrepreneur social, conférencier,
écrivain voyageur
Carnet de route
in f
TOUR DU MONDE EN STOP • 2003–2008

Santé

Partir cinq ans autour du monde, c'était aussi apprendre à prendre soin de soi, parfois loin de tout confort et de tout système de santé familier.

Vaccins, trousse à pharmacie, paludisme, hygiène, alimentation… Avant le départ comme sur la route, j'ai essayé d'anticiper les risques sans pour autant laisser la peur dicter le voyage.

Voici les précautions que j'avais prises avant mon départ en 2003, et ce que cinq années de voyage m'ont appris sur le terrain.

01
Cinq années sur la route

Rester en
bonne santé

Rester en bonne santé malgré des conditions de vie parfois précaires fut une préoccupation constante tout au long de mon parcours.

Pendant cinq ans, j'ai essayé de conserver une hygiène de vie aussi normale que possible : manger de manière équilibrée, rester propre, dormir suffisamment lorsque les circonstances le permettaient et ne pas négliger les signaux envoyés par mon corps.
01 — AVANT LE DÉPART

Anticiper

Avant de quitter l'Alsace, j'avais pris un certain nombre de précautions : vaccinations, trousse médicale et réflexion sur les principaux risques sanitaires auxquels je pourrais être confronté.

02 — SUR LA ROUTE

Prévenir

Voyager avec peu de moyens ne signifiait pas négliger les choses élémentaires. L'alimentation, l'eau, l'hygiène et la prévention faisaient partie des petites préoccupations du quotidien.

03 — FACE AUX IMPRÉVUS

S'adapter

Cinq années de voyage signifient forcément quelques problèmes de santé et des situations auxquelles on ne peut pas tout à fait se préparer.

Il fallait donc aussi observer, s'adapter et savoir demander de l'aide lorsque nécessaire.

Se préparer sans laisser la peur empêcher le départ.
Avant un voyage aussi long, la liste des maladies, accidents et problèmes potentiels pourrait presque donner envie de rester chez soi.

Mon approche fut différente : prendre les précautions qui me semblaient raisonnables, puis partir. Le risque zéro n'existe pas davantage sur la route que dans la vie quotidienne. L'objectif était donc de réduire certains risques sans transformer le voyage en une succession d'inquiétudes.
2003

Les informations qui suivent racontent ma préparation au moment de mon départ. Les recommandations sanitaires, vaccins, traitements, prix et protocoles ont évolué depuis. Cette page constitue donc avant tout un retour d'expérience sur mon tour du monde 2003–2008 et non un guide médical actuel.

02
Avant de quitter l’Alsace

La grande tournée
des vaccins

Avant le départ, j’avais suivi les recommandations qui m’avaient été données à Strasbourg et préparé une couverture vaccinale assez large.

Voici ce que j’avais reçu avant 2003, avec les prix payés à l’époque.

Fièvre jaune

31 €

À l’époque, la durée de validité indiquée était de 10 ans. Cette règle a depuis évolué.

Méningite / Menomune

40 €

Durée de validité indiquée à l’époque : 4 ans.

Diphtérie · Tétanos · Polio

12,20 €

Vaccin Revaxis. Il avait déjà été effectué et était alors remboursé par la Sécurité sociale.

Hépatite A

40,50 €

Avaxim. La recommandation donnée à l’époque prévoyait un rappel puis une protection prolongée.

Hépatite B

20,50 €

GenHevac B. Vaccination déjà réalisée et alors remboursée par la Sécurité sociale.

Typhoïde

27 €

Typhim VI. Souvenir très concret : quelques courbatures le soir de l’injection.

Rage

122,22 €

Trois injections : J0, J8 et J30. C’était l’un des protocoles les plus lourds de ma préparation.

Encéphalite japonaise

165 €

Trois injections à J0, J8 et J30. C’était le vaccin le plus coûteux de toute ma préparation sanitaire.

425,72 €
Total payé pour les vaccinations

Montant correspondant à ma préparation avant le départ, aux tarifs pratiqués à Strasbourg fin 2002.

Est-ce que tout cela était vraiment nécessaire ?
Avec le recul, difficile de répondre catégoriquement.

Certains vaccins m’ont probablement été plus utiles que d’autres. L’encéphalite japonaise, par exemple, n’était plus couverte de la même façon lorsque je suis finalement arrivé en Asie.

Mais au moment du départ, je préférais partir en ayant pris davantage de précautions que pas assez.
Informations historiques

Les prix, noms commerciaux, calendriers d’injection et durées de protection présentés ici correspondent à ma préparation en 2002–2003. Ils ne constituent pas des recommandations médicales actuelles.

03
Ces minuscules compagnons de route

Moustiques,
paludisme & dengue

Parmi les risques sanitaires auxquels je pensais avant de partir, les maladies transmises par les moustiques occupaient forcément une place particulière.

Le paludisme était notamment l’un des sujets qui revenait régulièrement dans les préparatifs et les discussions avec d’autres voyageurs.
Illustration sur les moustiques pendant le tour du monde
MON EXPÉRIENCE · 2003–2008

Le paludisme : une préoccupation récurrente

Avant mon départ, j’avais acheté un traitement préventif afin de disposer de comprimés contre le paludisme.

Au cours du voyage, plusieurs voyageurs rencontrés m’ont raconté leurs propres expériences et les effets indésirables qu’ils attribuaient aux traitements qu’ils prenaient.

Le choix que j’ai fait à l’époque

Ces témoignages m’ont finalement conduit à ne pas utiliser les comprimés que j’avais emportés. Il s’agissait d’une décision personnelle prise pendant mon voyage, et non d’un conseil que je donnerais aujourd’hui à quelqu’un préparant son départ.

Pendant le tour du monde

Aucun épisode de paludisme

Fort heureusement, je n’ai contracté aucune maladie liée au paludisme pendant les cinq années de mon tour du monde.

Cela ne signifie évidemment pas que le risque n’existait pas : j’ai simplement eu la chance de ne pas être touché.

La prévention au quotidien

Éviter autant que possible les piqûres

Dans de nombreuses régions tropicales, la prévention passait aussi par les gestes du quotidien : vêtements adaptés, attention portée aux moustiques et adaptation aux conditions rencontrées.

Sur cinq années, ces petites habitudes finissaient par devenir une composante normale du voyage.

Et pourtant, quelques mois plus tard…
Je suis sorti du tour du monde sans avoir contracté de maladie transmise par les moustiques.

Mais à la fin de l’année 2008, lors d’une mission en Colombie pour Peace and Sport, j’ai finalement contracté la dengue.

Une manière assez ironique de rappeler qu’on peut traverser le monde pendant cinq ans sans problème majeur… et tomber malade lors d’un voyage suivant.
Retour d’expérience, pas recommandation médicale

Ce bloc raconte les choix que j’ai faits entre 2003 et 2008. Les recommandations de prévention et les traitements liés au paludisme ou aux maladies transmises par les moustiques doivent être déterminés aujourd’hui avec un professionnel de santé à partir de la destination et de la situation du voyageur.

04
Prévoir… sans emporter une pharmacie

Trousse médicale
& petits pépins

Avant le départ, j’étais parti avec une trousse médicale particulièrement bien remplie.

Ma mère avait largement contribué à cette préparation : mieux valait, selon elle, avoir le médicament et ne jamais en avoir besoin que l’inverse.
Trousse médicale emportée au départ du tour du monde
AU DÉPART · 2003

Une trousse prévue pour presque tout

J’avais emporté différents médicaments destinés à faire face aux problèmes de santé les plus courants pouvant survenir en voyage.

Fort heureusement, les problèmes rencontrés au cours du tour du monde furent dans l’ensemble assez basiques.

Au fil des mois, j’ai donc progressivement retiré de ma trousse une partie de ce que je n’utilisais jamais.

Là encore, le sac s’est allégé

Les grandes villes traversées disposaient généralement de pharmacies et il était souvent possible de trouver sur place les médicaments nécessaires. Transporter pendant plusieurs années une énorme réserve s’est donc révélé moins utile que je ne l’avais imaginé.

01

Les petits problèmes arrivent

Sur cinq années, il est difficile d’éviter totalement les petites blessures, troubles digestifs ou moments de fatigue.

L’important était surtout de ne pas laisser un petit problème devenir sérieux.

02

Le monde n’est pas un désert médical

Voyager loin de chez soi ne signifie pas forcément être loin de toute médecine.

Dans de nombreuses villes, pharmacies et professionnels de santé permettaient de compléter ce que je n’avais pas avec moi.

03

Savoir quand demander de l’aide

L’autonomie a ses limites. Certaines situations nécessitent de consulter plutôt que d’essayer de tout gérer soi-même.

Voyager longtemps apprend aussi à reconnaître ces limites.

Prévoir suffisamment, mais pas tout.

Au départ, ma trousse médicale reflétait surtout toutes les situations que j’imaginais pouvoir rencontrer. Avec le temps, elle a davantage reflété ce dont j’avais réellement besoin. Un apprentissage finalement assez proche de celui que j’ai fait avec le reste de mon sac.

05
Un dernier choix avant de partir

Voir le monde
autrement

Il y avait enfin un autre détail auquel je pensais avant de partir : ma vue.

Myope, je portais des lentilles. Pour quelques semaines de voyage, cela ne représentait pas vraiment un problème. Pour plusieurs années sur les routes du monde, la contrainte devenait tout de suite plus importante.
AVANT LE DÉPART
Une contrainte
en moins.
1 520 € à l’époque

Me faire opérer de la myopie

Avant de prendre la route, j’ai donc décidé de me faire opérer des yeux afin de ne plus avoir à transporter lentilles et produits d’entretien pendant mon tour du monde.

L’opération représentait une dépense importante : 1 520 euros. Mais elle supprimait aussi une contrainte quotidienne qui aurait pu devenir particulièrement pénible dans certaines conditions de voyage.

Avec le recul ?

Je parlais à l’époque d’un « plaisir indescriptible » de ne plus avoir de problème de vue. C’est donc une dépense que je n’ai jamais regrettée.

Préparer sa santé, puis vivre le voyage.
Vaccins, médicaments, moustiques, hygiène, alimentation, vue… Avant de partir, j’avais essayé d’anticiper beaucoup de choses.

Puis la route m’a appris quelque chose de plus simple : on ne peut pas tout prévoir. Il faut se préparer raisonnablement, rester attentif à soi-même et savoir s’adapter lorsque les circonstances changent.

Pendant cinq années et des dizaines de pays, j’ai heureusement connu peu de problèmes de santé sérieux. Cela m’a permis de consacrer l’essentiel de mon énergie à ce pour quoi j’étais parti : rencontrer, comprendre et découvrir.

Se préparer suffisamment pour pouvoir ensuite oublier la préparation et profiter de la route.