Ludovic Hubler
Entrepreneur social, conférencier,
écrivain voyageur
Carnet de route
in f
Préparer un tour du monde en stop

À
emporter

Voyager léger, très léger.

Que mettre dans son sac lorsque l’on part faire le tour du monde pendant plusieurs années ? Mon expérience m’a progressivement appris que la bonne question était peut-être exactement l’inverse : de quoi puis-je me passer ?

2 petits sacs
au départ
5 ans sur les
routes
59 pays
traversés
1 300+ véhicules
empruntés
Mes deux fidèles compères.
L’un pour mes affaires, l’autre pour tout ce que je ne pouvais pas me permettre de perdre.
01
Mes deux fidèles compères

Deux sacs
pour cinq ans

Les deux sacs utilisés pendant le tour du monde en stop
Australie Les deux sacs qui m’accompagnaient sur la route : l’un pour les affaires, l’autre pour le matériel et les documents les plus précieux.

Avant ce tour du monde, j’avais déjà appris une leçon lors de précédents voyages en stop : un sac trop lourd finit toujours par devenir beaucoup plus lourd qu’on ne l’imaginait.

Je suis donc parti avec deux petits sacs plutôt qu’un énorme sac à dos contenant toute ma vie.

Le sac arrière Le quotidien

Quelques vêtements, juste assez pour rester propre environ huit jours. C’était celui qui pouvait aller dans les coffres, sur les toits ou au milieu des autres bagages.

Le sac avant Celui à ne jamais perdre

Matériel photo et vidéo, ordinateur et documents importants. Il restait toujours avec moi, y compris lorsque l’autre sac quittait mon champ de vision.

Cette organisation s’est révélée extrêmement pratique pour l’auto-stop : je pouvais laisser rapidement le grand sac dans le véhicule tout en gardant avec moi ce qui avait réellement de la valeur.

Ce sac a vécu presque autant d’aventures que moi

À la fin du voyage, mon sac arrière était décoloré et imprégné de poussière. Pendant cinq années, il avait supporté des températures allant de -42 °C à +48 °C, traversé 59 pays et embarqué dans plus de 1 300 véhicules.

Il s’est retrouvé sur des toits de voitures, coincé sous d’autres bagages, sous mes pieds, sous mes fesses au bord des routes et même dans l’eau d’un port des Marquises. Il m’a servi d’oreiller un nombre incalculable de fois.

Plusieurs fois proche de la fin, il fut régulièrement réparé par des personnes rencontrées sur la route. Il a finalement tenu jusqu’au bout.

5 ans de voyage
59 pays
1 300+ véhicules
-42 / +48° températures extrêmes
02
Dans mes sacs au départ

Utile,
indispensable…
ou superflu ?

Avant de partir, j’avais forcément essayé d’anticiper : où dormir, comment me protéger du froid, quels outils prendre, quels médicaments emporter…

Cinq années plus tard, le constat était clair : une partie de ce que j’imaginais indispensable ne l’était finalement pas du tout.
Indispensable Utile Finalement superflu
La tente emportée au départ du tour du monde
Finalement superflu

La tente

Avant le départ, j’avais peur de me retrouver seul au milieu de nulle part sans endroit où dormir.

En pratique, la tente s’est révélée assez peu utile et surtout trop lourde. Après cinq mois, je l’ai laissée au Brésil.

Ce que j’en retiens

Moins de poids, davantage de liberté… et davantage de confiance dans les rencontres.

Le sac de couchage utilisé pendant le tour du monde
Utile

Le sac de couchage

Petit, chaud et très peu encombrant, il m’a accompagné pendant la première moitié du voyage.

Je l’ai ensuite perdu dans le nord du Mexique. Et, à ma grande surprise, j’ai parfaitement réussi à continuer sans lui.

Une autre leçon

Même ce qui semble indispensable ne l’est parfois que jusqu’au jour où on le perd.

Trousse médicale emportée pendant le tour du monde
Utile… mais à alléger

La trousse médicale

Ma mère avait insisté pour que j’emporte toute une série de médicaments « au cas où ».

Mes problèmes de santé furent heureusement assez basiques et je me suis progressivement séparé de nombreux médicaments peu utiles.

Avec le recul

Une trousse raisonnable oui. Une pharmacie entière sur le dos, beaucoup moins.

T-shirt du tour du monde en stop
Utile

Les vêtements

Mon objectif était simple : avoir suffisamment de vêtements pour rester propre environ huit jours, mais pas davantage.

L’idée n’était pas de prévoir toutes les situations, mais de pouvoir laver régulièrement et remplacer ce qui finissait par s’user.

La règle

Porter moins, laver davantage, et accepter de ne pas disposer d’une tenue pour chaque occasion.

Les petits outils pratiques emportés pendant le tour du monde
Les petits objets sont parfois les plus révélateurs

Couteau suisse, adaptateur, lampe, cartes de visite…

Avant le départ, j’avais notamment emporté un couteau suisse, un adaptateur électrique, des cartes de visite, une petite lampe, un marqueur et une couverture de survie.

Le couteau suisse fut rapidement perdu et ne me manqua pas. La petite lampe disparut elle aussi sans conséquence.

À l’inverse, l’adaptateur fut extrêmement utile. Les cartes de visite m’évitèrent également d’écrire mon adresse sur des centaines, voire des milliers de petits bouts de papier.

Quant à la couverture de survie, elle m’accompagna pendant tout le voyage… sans que j’aie réellement besoin de l’utiliser.

Documents et éléments indispensables pendant le voyage
Indispensable

Papiers, argent & documents

Certaines choses ne pouvaient évidemment pas être abandonnées au bord de la route : passeport, documents importants, moyens de paiement et informations essentielles.

Une exception

Les traveler’s chèques se sont révélés chers et finalement beaucoup moins indispensables que je ne l’imaginais.

De quoi ai-je réellement besoin ?
Cette question est progressivement devenue l’une des plus importantes du voyage.

À plusieurs reprises, j’ai retiré de mon sac des objets dont je ne me servais pas pour ne conserver que l’essentiel. Voyager léger n’était plus seulement une question de confort physique : c’était devenu une manière d’interroger mes besoins.
03
Ceux auxquels je n’avais pas forcément pensé

Mes 3 vrais
indispensables

Avec le recul, les objets les plus utiles du voyage n’étaient pas forcément les plus chers ou les plus techniques.

Trois outils très simples se sont révélés particulièrement précieux : une carte plastifiée, un classeur de photos et d’articles, et un document traduit dans la langue locale.
Carte plastifiée du trajet autour du monde 01
Comprendre en un regard

La carte du trajet plastifiée

J’en avais préparé plusieurs exemplaires avant le départ. Cette carte m’a finalement accompagné pendant les cinq années du voyage.

Dans les stations-service, c’était souvent la première chose que je montrais aux conducteurs. Elle permettait de comprendre immédiatement que je ne cherchais pas simplement à rejoindre la ville voisine : j’étais en train de faire le tour du monde.

Pourquoi elle était si utile

Elle servait à la fois de moyen d’explication, de repère permanent et de gage de crédibilité auprès de personnes qui ne parlaient parfois aucune langue en commun avec moi.

Classeur photos et articles utilisé pendant le tour du monde 02
Faire vivre le voyage aux autres

Le classeur photos & articles

Cette idée n’est venue qu’après quelques mois de route. Chaque jour, je rencontrais de nouvelles personnes qui voulaient comprendre d’où je venais, ce que j’avais déjà traversé et pourquoi je voyageais ainsi.

J’ai donc progressivement constitué un classeur regroupant photos, cartes détaillées et articles de presse publiés pendant le voyage.

Bien plus qu’un album souvenir

Dans une voiture, autour d’un repas ou chez quelqu’un qui m’hébergeait, ce classeur transformait une explication parfois abstraite en quelque chose de concret. Les gens pouvaient véritablement entrer dans l’aventure.

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Le plus simple… et peut-être le plus efficace

Le « document magique »

Document magique traduit en chinois pour l'auto-stop

En arrivant en Asie, une difficulté nouvelle est apparue : comment expliquer ce que je faisais lorsque personne ne comprenait ma langue ?

En Indonésie, les premières tentatives furent parfois frustrantes : des conducteurs s’arrêtaient, tentaient de comprendre, puis repartaient sans avoir saisi ce que je leur demandais.

J’ai alors créé un petit document plastifié présentant mon projet et ma destination, traduit dans la langue du pays.

En substance, le message disait…

« Bonjour, je m’appelle Ludovic. Je suis français et j’effectue un tour du monde en stop. Je souhaite me rendre dans la direction de… Allez-vous par hasard dans cette direction ? Si oui, pourriez-vous me déposer un peu plus loin, idéalement dans une station-service ? Merci beaucoup et désolé, je ne parle que très peu votre langue. »

Associé à la carte plastifiée et au classeur de photos, ce document est devenu une véritable langue de substitution. Il a été particulièrement précieux en Asie.

Utilisation du document magique pendant le voyage Document magique présenté à des personnes rencontrées sur la route
Les meilleurs outils n’étaient pas forcément ceux que j’avais achetés.

La carte, le classeur et le document magique avaient un point commun : ils facilitaient tous la communication et la rencontre. Pour un voyage fondé sur l’auto-stop, c’était finalement bien plus précieux que beaucoup d’équipements techniques.

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La vraie leçon du sac à dos

Voyager léger,
vivre avec peu

À plusieurs reprises pendant le voyage, j’ai ouvert mon sac en me posant une question très simple :

« Est-ce que j’ai réellement besoin de ça ? »

Et bien souvent, la réponse était non.
01

Distinguer l’essentiel du superflu

Lorsque chaque objet doit être porté pendant des kilomètres, son utilité devient soudain beaucoup plus facile à évaluer.

Le voyage m’a appris à faire des choix plus rigoureux et à ne garder que ce qui avait réellement une fonction.

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Réapprendre à apprécier le confort

Dormir parfois sans lit, avoir froid, manquer d’une douche ou de certaines commodités permet aussi de mesurer autrement ce que l’on retrouve ensuite.

Le manque temporaire peut faire redécouvrir la valeur des choses les plus ordinaires.

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Savoir que l’on peut s’adapter

Vivre pendant plusieurs années avec très peu m’a donné une forme de confiance :

celle de savoir que, si les circonstances l’exigeaient, je pourrais revenir à un mode de vie très simple.

Il est parfois bon de se rappeler qu’on peut être heureux avec très peu.
Le but n’a jamais été de glorifier la pauvreté ni de rejeter le confort ou les biens matériels.

Il s’agissait plutôt de prendre de la distance, de vérifier ce dont j’avais réellement besoin et de retrouver le plaisir de choses que l’on finit parfois par considérer comme acquises : un lit, une douche chaude, de la lumière, de l’eau ou simplement un endroit où poser son sac.
Pas un éloge du dénuement

Voyager léger ne signifie pas considérer que posséder peu serait moralement supérieur. L’expérience m’a surtout appris à faire la différence entre ce qui améliore réellement ma vie et ce que je transporte simplement par habitude.