Le nombre de routards en Amérique du Sud ne cesse d’augmenter et pour cause : ce continent regorge de trésors, parfois naturels, parfois historiques, parfois culturels ou parfois tout simplement humains. Ainsi, ces voyageurs viennent des 4 coins du globe pour découvrir, fêter, apprendre et s’enrichir. Certains d’entre eux ne resteront que 1 ou 2 semaines, certains plusieurs mois, certains des années et certains y resteront à vie. Parmi les voyageurs au long cours dont je fais partie, un voyage en Amérique du Sud se doit d’être suivi d’un passage en Amérique Centrale, terre aux richesses multiples.

 

Rejoindre l’Amérique Centrale depuis l’Amérique du Sud (et vice-versa) est un vrai casse-tête pour les routards. En effet, 150 à 200 Kms de jungle appelés « Darien gap » viennent bloquer la route empêchant la Panaméricaine (16.000 kilomètres) de relier l’Alaska à la ville d’Ushuaïa en Argentine (ville la plus australe du monde) au niveau de la frontière Panama-Colombie. Nombre de gens ont dénoncé cette situation pour le moins comique au 21ème siècle et mis en avant le manque à gagner dans le commerce Amérique du sud – Amérique Centrale et du nord mais plusieurs freins s’opposent à la création de cette route :

 

– Panama, pays le plus au sud de l’Amérique centrale, ne juge pas utile de faire cette route et se sent de ce fait protégé de l’intense trafic de drogue et de la guérilla régnant en Colombie.

–  Construire une telle route serait très coûteux et les Etats-Unis ne sont aujourd’hui plus disposés à la financer.

–  Plusieurs organismes de protection de la nature ne veulent pas de la création de cette route qui détruirait une partie de la nature.

–  Certains groupes d’indigènes vivent au beau milieu de la forêt du Darien et ne souhaitent pas la création de cette route.

–  Les alternatives pour le voyage entre la Colombie et Panama rapportent plus d’argent (bateau, avion).

 

Ainsi, toutes ces raisons font que la route Panama – Colombie n’est pas prête de voir le jour.

 

Pour traverser ce tronçon, la plupart des routards se résignent à prendre un billet d’avion et d’autres optent pour la piste bateau. Pour ce faire, ils se rendent dans la ville de Cartagène au bord de la mer des Caraïbes. La traversée Colombie-Panama en bateau devient alors un véritable business et de nombreux voiliers ont exploité le filon en proposant une traversée pour 200 à 300 dollars.

Etant donné que mon challenge suppose de faire le tour du monde sans dépenser le moindre centime de transport (sauf transport urbain), il est donc hors de question que je débourse quoi que ce soit. Ainsi, dès aujourd’hui, j’irai au club nautique de Cartagène rencontrer les skippers comme je l’ai fait pour la traversée de l’Atlantique et tenterai de trouver un voilier sur lequel je pourrais travailler en tant qu’équipier. L’autre difficulté bien entendu sera la concurrence car je ne serai sans aucun doute pas le seul à vouloir embarquer de cette manière, il faudra alors se démarquer et faire différemment des autres…

 

Affaire à suivre. A très bientôt.

 

Voici ci-dessous une photo satellite trouvée sur internet permettant de voir Panama et ses frontières. Les points rouges montrent les principales villes Panaméennes et le blanc autour de la frontière la forêt du Darien évoquée dans la brève ci-dessus.

 

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