Avant même mon départ, j’avais pris l’engagement de partager mon tour du monde avec des enfants hospitalisés au CHU Strasbourg-Hautepierre, notamment des enfants atteints de cancers ou de leucémies.
L’idée était simple : leur permettre de voyager à mes côtés par procuration et d’ouvrir, depuis leur chambre d’hôpital, une petite fenêtre sur le monde.
Pendant cinq ans, photos, anecdotes, e-mails, conversations par webcam et échanges en direct ont ainsi relié les enfants à mon parcours. Grâce au travail des enseignants et éducateurs, le voyage est également devenu un véritable support pédagogique : géographie, histoire, mathématiques, français, dessin, langues étrangères ou même cuisine.
Une phrase prononcée au lancement du projet et qui résume parfaitement l’esprit de cette aventure partagée.
Certains échanges allèrent encore plus loin : lors de passages dans des hôpitaux en Inde, au Pakistan ou en Iran, des enfants rencontrés sur place purent dialoguer directement par vidéoconférence avec ceux de Strasbourg.
Au fil du voyage, j’ai rencontré de nombreux responsables d’ONG engagés dans la lutte contre la pauvreté, l’accès à l’éducation, la santé, la réduction de la violence ou l’amélioration des conditions de vie.
Ces rencontres m’ont permis de découvrir de très nombreux projets remarquables, mais aussi de constater une difficulté récurrente : des organisations voisines travaillaient parfois sur des problématiques similaires sans réellement se connaître ni partager leurs expériences.
J’ai donc décidé d’organiser plusieurs journées de rencontre afin de permettre à ces responsables d’échanger leurs idées, leurs pratiques et leurs contacts, avec un objectif simple : favoriser les collaborations plutôt que la duplication des efforts.
Mettre les acteurs autour d’une même table pour faire émerger des synergies, créer des collaborations et permettre à chacun de gagner du temps, de l’énergie et de l’efficacité.
Les retours furent particulièrement positifs : nouvelles idées de développement, découverte d’organisations voisines, identification de collaborations possibles et volonté de mieux unir les forces pour accroître l’impact sur le terrain.
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Voir la pauvreté ou la souffrance à travers un écran n’a rien à voir avec le fait de l’avoir devant soi. Certaines rencontres faites pendant le voyage m’ont profondément marqué et m’ont poussé, à plusieurs reprises, à m’arrêter pour agir.
Le voyage m’a confronté directement à des réalités que je connaissais jusque-là surtout à distance.
Au Brésil, je me suis installé pendant trois mois à Itamarandiba, dans le Minas Gerais, afin de participer à différents projets locaux : développement du projet éducatif SEMEAR, formations, actions avec les enfants et découverte du travail mené dans les communautés rurales les plus isolées.
Quelques années plus tard, à Calcutta, j’ai rejoint pendant plusieurs semaines les volontaires des centres fondés par Mère Teresa, notamment à Premdam, auprès de personnes parmi les plus fragiles de la ville.
Ces expériences furent modestes à l’échelle des besoins, mais elles ont profondément nourri ma compréhension des inégalités et de l’engagement de celles et ceux qui travaillent chaque jour sur le terrain.
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Tout a commencé presque par hasard, le 4 mars 2004 à Quito. Après quinze mois sur les routes, une enseignante me proposa de venir raconter mon voyage à ses élèves.
Je n’avais encore jamais donné de conférence. Face à une centaine d’élèves, j’improvisai autour de la géographie, de mon parcours, de mes rêves, de mes peurs, de l’Antarctique et des enjeux environnementaux.
Ce premier échange allait transformer la suite du périple. Quelques mois plus tard, je décidai de consacrer une année entière à une tournée de conférences aux États-Unis et au Canada.
Puis les interventions se multiplièrent sur la route : écoles, universités, Rotary clubs, Alliances françaises, associations et institutions de toutes sortes. En Asie, je poussai l’expérience jusqu’à aller frapper aux portes d’écoles islamiques pour créer des espaces de dialogue interculturel et interreligieux.
Une première conférence improvisée devant une centaine d’élèves me fait découvrir le plaisir de transmettre les enseignements de la route.
36 États américains, 3 provinces canadiennes, 114 conférences et des publics extrêmement variés : étudiants, associations, Rotary clubs, hôpitaux et chambres de commerce.
Indonésie, Viêt Nam, Chine, Inde, Pakistan, Afghanistan, Iran… Le voyage devient un prétexte pour rencontrer les jeunes et favoriser le dialogue entre les cultures.