Transmettre par le sport le respect, la coopération et des règles communes.
De 2009 à 2014, j’ai été responsable des opérations terrain de Peace and Sport, avec pour mission de développer et accompagner des projets utilisant le sport comme outil d’éducation, de dialogue et de rapprochement entre les populations.
Créée à Monaco en 2007, Peace and Sport utilise le sport comme langage universel pour rapprocher les populations, transmettre des valeurs et renforcer la cohésion sociale.
Une organisation internationale, neutre et indépendante, qui conçoit et accompagne des programmes utilisant intentionnellement le sport dans des contextes de pauvreté, de tensions, d’exclusion ou de rupture de cohésion sociale.
Peace and Sport part du principe que le sport peut créer un espace de rencontre là où le dialogue est parfois difficile. Il permet de transmettre des règles communes, de favoriser le respect, la coopération et l’inclusion.
Fondée par Joël Bouzou et placée sous le Haut Patronage de S.A.S. le Prince Albert II de Monaco, l’organisation travaille avec des acteurs locaux, des fédérations sportives, des institutions, des ONG et des champions engagés.
Transmettre par le sport le respect, la coopération et des règles communes.
Créer des espaces de rencontre entre des populations que les tensions peuvent éloigner.
Renforcer l’inclusion, le dialogue et la cohésion sociale.
Mon rôle consistait à faire du sport un véritable outil de paix : réintégration d’anciens enfants soldats, accompagnement de jeunes issus de gangs, rapprochement entre communautés ou encore dialogue entre Hutus et Tutsis.
SUR LE TERRAIN
J’accompagnais différents types d’acteurs dans la création et le développement de programmes de paix par le sport. Cela allait de la petite association locale jusqu’aux institutions publiques, aux fédérations internationales, aux agences des Nations Unies, aux entreprises et aux champions sportifs.
Une partie essentielle du travail consistait à faire comprendre que le sport pouvait devenir un véritable outil de politique publique, d’inclusion, de réintégration, de cohésion sociale et de diplomatie.
Trois niveaux d’interlocuteurs permettaient de passer progressivement de l’action locale à une véritable politique nationale de paix par le sport.
Ce sont souvent eux qui connaissent le mieux les réalités du terrain : jeunes déscolarisés, anciens enfants soldats, gangs, tensions entre communautés ou manque de perspectives.
Nous les aidions à structurer des activités sportives capables de devenir de véritables programmes éducatifs et sociaux.
L’enjeu était de dépasser la simple pratique sportive : former les éducateurs, adapter les règles, développer des méthodologies et utiliser les clubs comme espaces de transmission.
Les fédérations nationales permettaient ensuite de donner une autre échelle aux programmes et de faciliter leur diffusion.
Ici, la logique changeait d’échelle. Il fallait convaincre les décideurs que le sport pouvait devenir un véritable outil de politique publique : prévention, cohésion sociale, réintégration et dialogue.
L’objectif était aussi d’inscrire les programmes dans les stratégies nationales et de créer les conditions de leur pérennité.
Les partenaires internationaux apportaient expertise, ressources, influence, visibilité et capacité de déploiement.
Mobiliser leur expertise, leurs réseaux et leurs ressources pour adapter les disciplines sportives aux objectifs éducatifs et sociaux.
Leur implication permettait aussi de crédibiliser les programmes auprès des autorités nationales.
Faire reconnaître le sport comme un outil complémentaire aux politiques de paix, de développement, d’éducation et de protection de la jeunesse.
Ces partenariats permettaient de rapprocher les programmes sportifs des grands enjeux internationaux.
Les entreprises pouvaient apporter des moyens financiers ou matériels, tandis que les champions donnaient une voix, une image et une force d’inspiration considérables aux programmes.
Leur mobilisation permettait de faire connaître la cause bien au-delà des seuls acteurs institutionnels.
Nous organisions aussi de grands événements comme les Jeux de l’Amitié des Grands Lacs, réunissant des jeunes du Burundi, de RDC et du Rwanda, ainsi que des initiatives autour de la diplomatie par le sport.
Une fois par an, le Forum réunissait décideurs politiques, mouvement sportif, ONG, entreprises, champions et organisations internationales. Son rôle : partager les meilleures pratiques, créer de nouvelles alliances et faire progresser la cause de la paix par le sport.
Peace and Sport a profondément influencé ma manière de concevoir l’engagement : partir du terrain, écouter les besoins, connecter les bons acteurs et chercher des solutions concrètes plutôt que théoriques.
Un bon projet ne commence pas dans un bureau. Il commence par l’écoute des personnes, des associations et des communautés concernées.
Les projets les plus solides naissent lorsque les acteurs locaux, les institutions, les entreprises et les organisations internationales avancent ensemble.
Le sport n’est qu’un outil. Ce qui compte, c’est ce qu’il permet : recréer de la confiance, ouvrir des perspectives et rapprocher des personnes.
Concevoir, réunir, convaincre, financer, coordonner et mesurer : une expérience très opérationnelle qui a façonné ma façon d’entreprendre.
Certaines des expériences vécues avec Peace and Sport ont nourri — et continueront à nourrir — ma série de livres Les Routes de la Paix. Une autre manière de transmettre ces rencontres, ces initiatives et ces femmes et hommes qui œuvrent pour rapprocher les peuples.
Ces cinq années m’ont aussi conforté dans une conviction : énormément de personnes souhaitent être utiles, mais ne savent pas toujours comment s’y prendre ni vers qui se tourner.
C’est précisément cette problématique qui sera au cœur de la création de Travel With A Mission (TWAM) : connecter les personnes souhaitant agir avec les structures ayant besoin d’elles.
Découvrir TWAM →Du sport comme outil de paix à une plateforme plus large pour permettre à chacun de trouver sa manière d’être utile.