À Quito, j’ai compris que je pouvais partager autrement que par Internet et faire du voyage un véritable outil de transmission.
Le 4 mars 2004, cela faisait déjà quinze mois que j’étais sur la route. Mon hôte, Charito, professeur d’anglais au Collegio Menor de Quito, me proposa de venir raconter mon voyage à ses élèves.
Je n’avais jamais donné de conférence. Mais l’idée me plaisait immédiatement : parler de mon parcours, de mes motivations, de mes peurs, de mes découvertes et de ce que la route m’avait déjà appris.
L’improvisation fut totale. Je commençai par un jeu de géographie, puis parlai du tour du monde, de l’Antarctique, du réchauffement climatique et de ce que chacun pouvait faire pour réduire son impact sur la planète.
Les questions fusèrent sur les pays traversés, les difficultés du voyage, les moyens de transport et la vie sur la route. Peu à peu, la tension du début disparut.
Au bout de trois quarts d’heure, la conférence était terminée. Mais pour moi, quelque chose venait de commencer.
« Ludo, c’était génial. Les enfants ont adoré et maintenant, tous ont envie de découvrir le monde de leurs propres yeux et d’aider à sa protection. J’espère que tu donneras beaucoup d’autres conférences de ce style. »Charito · Professeur au Collegio Menor
Après Quito, l’idée ne me quitte plus : faire du tour du monde un support de transmission à part entière. Quelques mois plus tard, je décide d’y consacrer une année complète.
Je commence par acheter un ordinateur portable et préparer des outils beaucoup plus structurés : un document présentant mon parcours et une présentation PowerPoint construite en deux parties.
La première raconte le périple, les rencontres, les difficultés et les aventures vécues sur la route.
La seconde est adaptable selon les publics : pauvreté dans le monde, commerce équitable, enjeux environnementaux, personnes inspirantes rencontrées en Amérique centrale ou défis planétaires.
L’objectif était de faire voyager l’auditoire, puis d’utiliser cette curiosité pour ouvrir une discussion sur les grandes questions auxquelles notre monde est confronté.
Pendant une année, je sillonne donc les États-Unis et le Canada, adaptant chaque intervention à l’auditoire rencontré. Certains veulent connaître les coulisses du défi, d’autres parler du monde, d’environnement ou d’engagement.
Après l’Amérique du Nord, mes conférences allaient prendre une dimension nouvelle. Il ne s’agissait plus seulement de raconter le voyage ou de sensibiliser aux grands enjeux du monde.
En poursuivant ma route vers l’Asie, je me demandais de plus en plus comment utiliser cette aventure pour favoriser la compréhension entre des populations qui se connaissent mal et dont les représentations sont parfois façonnées par les préjugés.
En Indonésie, pays comptant la plus importante population musulmane au monde, une idée me vient : aller frapper directement à la porte d’une école islamique.
Je ne connaissais personne sur place. Je n’avais ni invitation officielle, ni programme préparé avec l’établissement. Simplement l’envie de rencontrer des jeunes et de discuter avec eux.
Parce que le voyage m’avait appris que la meilleure manière de dépasser les idées reçues était encore de rencontrer directement ceux dont on parle, de leur poser des questions et de leur permettre d’en poser à leur tour.
Mon tour du monde devenait alors un formidable prétexte. Je pouvais commencer par parler de stop, de pays traversés, de rencontres et d’aventures… avant d’ouvrir progressivement la discussion sur des sujets beaucoup plus profonds.
Présenter d’autres pays, cultures et modes de vie à travers une expérience vécue.
Encourager les jeunes à découvrir le monde au-delà des représentations et des frontières.
Confronter les images que nous avons les uns des autres à la réalité des rencontres.
Donner autant de place aux questions des étudiants qu’au récit du voyage lui-même.
Faire de la rencontre directe un outil de compréhension entre les cultures.
L’expérience me permit de me retrouver face à plus de deux cents jeunes étudiantes musulmanes. Le voyage servit de point de départ à la discussion, avant de laisser place aux questions, aux différences de perception et aux échanges sur nos sociétés respectives.
Cette expérience me conforta dans une conviction : beaucoup de barrières commencent à tomber dès lors que l’on prend simplement le temps de se rencontrer et de se parler.
Après l’expérience de Medan, je prends une décision : désormais, dans les villes que je traverse, je chercherai systématiquement à rencontrer des écoles, des étudiants et des structures éducatives.
Je me présente directement aux directeurs, aux professeurs d’anglais ou utilise les réseaux d’hospitalité pour trouver des contacts. Le caractère atypique de mon voyage devient alors une clé pour ouvrir des portes qui auraient probablement été beaucoup plus difficiles à franchir autrement.
Directeur d’école, professeur d’anglais, réseau Hospitality Club ou Couchsurfing : chaque contact peut devenir une occasion.
Stop, Antarctique, rencontres, pays traversés : l’aventure attire d’abord la curiosité et crée immédiatement un terrain commun.
Les questions permettent ensuite d’aborder les cultures, les religions, les préjugés, les rêves et les grandes questions du monde.
Ces interventions n’étaient jamais à sens unique. Les questions posées, les réactions des étudiants et les discussions qui suivaient les présentations enrichissaient à leur tour ma compréhension du monde. Je transmettais le voyage, mais je continuais aussi à apprendre.
Au moment de rentrer en France, ce qui avait commencé par une simple invitation dans une école de Quito était devenu l’un des fils rouges majeurs de mon tour du monde.
D’un pays à l’autre, les publics, les cultures, les attentes et les questions changeaient. Ma conférence évoluait elle aussi, nourrie par les rencontres et les expériences vécues au fil de la route.
Plus je voyageais, plus je prenais conscience de la force de cet outil : une histoire personnelle pouvait servir de porte d’entrée pour parler du monde, des différences, des rêves, des enjeux planétaires et de notre responsabilité collective.
« L’un des meilleurs programmes que nous ayons eu jusqu’à présent. Du début à la fin de sa présentation, Ludovic a su captiver et fasciner son audience. »Jim Austin · Gouverneur Rotary · District 7150
« Son dynamisme et son optimisme sont contagieux. La standing ovation que lui a donnée l’audience fut parfaitement méritée. »T. Mundson · Président Rotary Club · Woodbury
« Ludovic s’est parfaitement adapté au niveau de nos étudiants. Cette présentation fut formidable pour leur ouverture d’esprit et le développement de leur curiosité. »T. Turck · Principal d’école · Homer, New York
« Ici en Afghanistan, être occidental est souvent synonyme de soldat. La venue de Ludovic nous a permis d’échanger dans un environnement amical et d’apprendre à mieux nous comprendre. »Imran Khan · Directeur d’une école pour filles · Kunduz
Une aventure personnelle capte l’attention et permet ensuite d’aborder des sujets beaucoup plus larges.
Une même histoire peut être racontée différemment selon l’âge, la culture et les attentes de ceux qui l’écoutent.
Les questions qui suivent la conférence sont souvent aussi importantes que la présentation elle-même.
En partant en 2003, je n’imaginais pas une seconde que la prise de parole deviendrait une part aussi importante de mon parcours.
Pourtant, cette première conférence improvisée à Quito allait faire naître quelque chose qui allait perdurer bien au-delà du tour du monde : le plaisir de transmettre, de raconter, de faire réfléchir et de donner envie d’agir.