Ludovic Hubler
Entrepreneur social, conférencier,
écrivain voyageur
Carnet de route
in f
Tour du monde en stop · 2003–2008

Le monde
en chiffres

Cinq années sur les routes, des milliers de rencontres et quelques records personnels plus ou moins improbables.

Derrière l’aventure humaine, les chiffres racontent eux aussi une partie de ce tour du monde.
5 ans sur les routes
170 000 km parcourus
59 pays traversés
1 300 conducteurs, 10 bateaux, 23 000 photos... et zéro agression.
01
Prendre la mesure du voyage

Le monde
en grand

Certains chiffres racontent mieux que de longs discours l’échelle de cette aventure.

Pendant cinq ans, le voyage s’est construit kilomètre après kilomètre, frontière après frontière, grâce à des milliers de rencontres et des centaines de personnes qui ont accepté de s’arrêter.
DISTANCE TOTALE 170 000
KM
Plus de quatre fois le tour de la Terre.

Au total, j’ai parcouru environ 170 000 kilomètres au cours de ces cinq années.

L’essentiel s’est fait en auto-stop, complété par différents bateaux pour franchir les mers et les océans.

Mais derrière cette distance, il y a surtout une succession de petits trajets : parfois quelques kilomètres seulement, parfois plusieurs centaines, et exceptionnellement plus de 1 700 kilomètres avec le même conducteur.

6 continents traversés

Une aventure qui m’a conduit d’Europe en Afrique, puis aux Amériques, en Océanie et en Asie.

59 pays traversés

Cinquante-neuf pays, autant de frontières, de cultures, de langues et de manières différentes de regarder le monde.

1 300 conducteurs

Environ 1 300 personnes ont accepté de me prendre en stop.

Sans elles, l’aventure n’aurait tout simplement pas existé.

170 000 kilomètres, certes.
Mais surtout 1 300 portières qui se sont ouvertes.

02
Le stop apprend une vertu essentielle

L'art
d'attendre

L’auto-stop est une drôle d’école de patience.

Certains jours, tout s’enchaîne avec une facilité déconcertante. D’autres fois, il faut attendre des heures, recommencer, sourire, demander encore et accepter que le voyage ne se déroule jamais vraiment au rythme que l’on avait imaginé.
ESTIMATION SUR CINQ ANS 10 000
HEURES
à attendre quelque part.

Stations-service, péages, sorties de villes ou simplement bords de route : une partie importante de l’aventure s’est déroulée à attendre.

Sur cinq années, j’estime avoir passé environ 10 000 heures à chercher un véhicule, attendre un conducteur ou espérer le prochain départ.

Ces moments faisaient partie intégrante du voyage. Ils étaient parfois frustrants, parfois propices aux rencontres et souvent totalement imprévisibles.

Record de patience 28 h

Mon attente la plus longue dans une station-service avant de trouver quelqu’un acceptant de me prendre.

À ce stade-là, chaque voiture qui arrive ressemble un peu à une promesse.

Record de rapidité ≈ 25 sec.

À Tarragone, en Espagne, la première voiture s’arrête presque immédiatement.

Comme quoi l’auto-stop peut être très lent… ou beaucoup plus rapide qu’un bus.

≈ 20 000 « non merci »
J’estime également qu’environ 20 000 personnes ont refusé de me prendre en stop lorsque je les abordais dans les stations-service.

Les raisons étaient multiples : voiture pleine, manque de place, détour impossible, méfiance, impératif personnel… ou simplement aucune envie d’embarquer un inconnu.

Cela fait aussi partie du jeu : en auto-stop, il suffit finalement qu’une seule personne dise oui.

20 000 refus, peut-être.
Mais 1 300 « oui » ont suffi pour faire le tour du monde.

03
Parfois, on ne descend pas à la prochaine sortie

Quand un trajet
devient une aventure

Un trajet en stop peut durer dix minutes, quelques heures… ou devenir un véritable morceau de voyage à lui tout seul.

Certains conducteurs m’ont emmené très loin. Avec d’autres, j’ai partagé plusieurs jours de route, des repas, des nuits et une petite partie de leur quotidien.
RECORD DANS UN MÊME VÉHICULE 5 jours
1/2
dans la même voiture.

Le trajet le plus long en durée passé dans un même véhicule a duré cinq jours et demi.

C’était lors d’une traversée d’une partie du Sahara.

À ce niveau-là, on ne parle plus vraiment d’un conducteur qui vous dépose quelques kilomètres plus loin : on partage une portion entière du voyage.

Les kilomètres passent, les repas aussi, les discussions deviennent plus longues et l’inconnu rencontré au bord de la route finit presque par devenir un compagnon de voyage.

Record de distance 1 700 km

C’est la plus grande distance parcourue avec un même véhicule : entre Florianópolis, au Brésil, et Buenos Aires, en Argentine.

Une sacrée course pour un seul « lift ».

Quand la route s'arrête 10

C’est le nombre de bateaux utilisés au cours du tour du monde.

Parce qu’à un moment donné, même le meilleur auto-stoppeur du monde se retrouve face à un problème : l’océan.

Faire du stop autour du monde, ce n'était pas seulement lever le pouce.
Il fallait aussi apprendre à trouver des solutions lorsque la route s’arrêtait : ports, cargos, voiliers, équipages à rejoindre et parfois travail à bord en échange d’une traversée.

Le principe restait finalement assez proche : aller vers les autres, expliquer son projet, convaincre et accepter de ne jamais savoir exactement comment se déroulera la prochaine étape.

Sur la route comme sur l'eau,
le plus intéressant n'était pas seulement d'arriver.

04
Cinq ans autour du monde avec un petit budget

Combien ça
coûte ?

Voyager pendant cinq ans peut sembler nécessiter une fortune.

Mon tour du monde en stop démontre plutôt l’inverse : en supprimant deux des principaux postes de dépenses d’un voyage — le transport et une grande partie de l’hébergement — il devient possible de voyager longtemps avec relativement peu.
COÛT TOTAL DU TOUR DU MONDE 25 000 € pour cinq années de voyage.

Environ 5 000 € par an

Mon tour du monde en stop m’a coûté au total environ 25 000 euros.

Une somme importante, mais qui prend une autre dimension lorsqu’on la rapporte à cinq années complètes de voyage.

Pour maintenir ce budget, il fallait évidemment voyager simplement, limiter les dépenses et trouver régulièrement des solutions alternatives.

10 $ par jour
En retirant certains frais exceptionnels, mon budget de vie quotidien moyen tournait autour de 10 dollars américains.

Cela signifiait manger simplement, privilégier la nourriture de rue ou les supermarchés, éviter les dépenses superflues et surtout réduire au maximum les deux postes qui coûtent généralement le plus cher aux voyageurs.
01

Le transport

En faisant de l’auto-stop, mes dépenses de transport terrestre étaient extrêmement faibles.

Je dépensais essentiellement pour certains déplacements à l’intérieur des villes.

02

Le logement

Je dormais principalement chez l’habitant, sous ma tente, dans des véhicules ou parfois à la belle étoile.

Les nuits d’hôtel sont restées exceptionnelles durant ces cinq années.

23 000 photos prises
Si le voyage m’a coûté 25 000 euros, j’en suis aussi revenu avec environ 23 000 photographies.

Des paysages bien sûr, mais surtout des visages, des conducteurs, des familles, des routes, des moments de vie et les traces de milliers de rencontres.

Une immense mémoire visuelle de ces cinq années autour du monde.

Voyager longtemps ne demande pas forcément beaucoup d'argent.
Mais cela demande souvent beaucoup d'imagination.

05
Voyager, puis raconter

Transmettre
le voyage

Ce tour du monde n’avait pas vocation à rester une aventure vécue en solitaire.

Tout au long du parcours, j’ai cherché à partager ce que je découvrais, raconter les rencontres et transmettre une autre manière de regarder le monde.
PENDANT LES CINQ ANNÉES 350 conférences données.

Au total, j’ai donné environ 350 conférences pendant mon tour du monde.

Elles ont eu lieu dans des écoles, des universités, des Rotary clubs et des Alliances françaises.

Ces rencontres me permettaient de raconter le voyage, mais aussi de partager les leçons apprises sur la route : l’ouverture aux autres, la confiance, l’adaptation et la nécessité de dépasser les idées reçues.

Écoles

Les plus jeunes

Expliquer le monde, répondre aux questions et montrer qu’un voyage peut aussi devenir un outil d’apprentissage.

Universités

Les étudiants

Partager un parcours atypique avec des jeunes eux-mêmes en train de réfléchir à la direction qu’ils veulent donner à leur vie.

Rotary

Les clubs

Des rencontres qui ont également créé de nombreux liens et participé à faire du voyage un projet de transmission.

Alliances françaises

À l'étranger

Raconter le voyage à des publics très différents et créer des échanges autour des cultures et des rencontres.

Le voyage casse les idées préconçues.
C’est probablement l’un des messages que j’ai le plus souvent essayé de faire passer pendant ces conférences.

Plus on rencontre des personnes différentes, plus on découvre d’autres cultures et plus il devient difficile de réduire le monde à des clichés.

Voyager oblige à confronter ce que l’on imaginait avec ce que l’on découvre réellement.

170 000 kilomètres pour découvrir le monde.
350 conférences pour essayer de le raconter.